Bouya Omar n’était pas un père mais un exil forcé

 

 

Le temps s’est arrêté pour lui, le jour où il était contraint de quitter sa famille, sa maison, ses habitudes, ses folies pour un monde qu’il ignorait complètement.

 

Hamid se souvient de tout. Il y’a des années de cela, une nuit de décembre 2007, trois hommes sont venus le chercher à la maison. Il se défendait avec force pour ne pas les accompagner, mais les ordres, il faut les exécuter; ils sont payés pour accomplir une mission. De leur forte allure, les hommes le poussaient dans un grand taxi jaune. Hamid dans ce froid glacial portait un long manteau noir, probablement celui de son père qui n’est plus de ce monde.

Hamid: pourquoi vous m’enchaînez les mains et les pieds ?

L’autre: on t’enchaîne  pas toi mais les » démons »   qui te possèdent ( tanrbtou jnoun lifik )

La maman et la sœur fermaient la porte de leur maison croyant mettre fin aux problèmes que Hamid leur faisaient subir. La cigarette, la drogue, l9ar9oubi, le bruit, la mésentente, les nuits blanches et la violence faisaient vibrer le corps de deux  femmes vulnérables et impuissantes devant ce volcan que personne ne pouvait éteindre. Le va et vient au centre hospitalier de Salé n’a pas résolu le problème. les sacs de médicaments n’ont pas arrêté le mal de la famille. Certes, la souffrance fait voyager l’imagination très loin, chercher la paix, la tranquillité et vivre tout simplement.

La proposition de Bouya Omar semblait être  l’unique solution. On leur a expliqué qu’on prenait soin des malades. Il fallait juste payer la somme de 1500 dh par mois. Chose promise, chose due.

Les jours passaient, les mois et les années aussi. Cependant, tout se bouscule à la nuit de fin Mai 2015 lorsque la sonnerie du portable fait sursauter la maman de son sommeil :  » tu viens chercher ton fils, je n’ai plus le droit de le garder ici  » .

Le dossier de Bouya Omar fut enfin secoué, et le destin des uns et  des autres avec. Le ministre de la santé Pr  EL Houssaine LouardI   à décider d’aller jusqu’au bout et  de fermer ce dossier à jamais.   

Hamid à son retour raconte:

Aux alentours du mausolée Bouya Omar, des maisons abritaient des êtres humains abandonnés à leur sort. La maison ou je vivais, contenait une quarantaine de personnes. Dans ce petit espace ma journée commençait avec un verre de thé et du pain hafi, au déjeuner le plat aux lentilles je le nettoyait dans ma bouche de petits cailloux…

à suivre

 

 

 

 

 

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