Hijab Allmani ?

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Au silence de la nuit de novembre, seules les valises à roulette perturbaient la tranquillité de la gare. Les rares passagers matinaux, marchaient doucement pour joindre le quai. Seulement, un couple semblait différent. Ils n’ont pas de bagages cependant leur bavardage ne passe pas inaperçu.

La femme est vêtue en noir  de la tète au pied. Très mince, de son hijab apparaît ses yeux noirs ornés de khôl, alors que l’homme, il avait une forte allure. Habillé en jean, l’air d’un sportif mais pas un cheveux sur le crane. Mais ce qui attirait l’attention c’est le langage allemand qui s’échangeait entre eux sans arrêt.

La lumière du train apparaissait de loin, au ralenti tout le monde montait les escaliers sans bousculades que d’habitude le jour. En trouvant le compartiment et mon siège numéro cinq qui se coïncide avec l’heure du départ, c’est le rideau bordeaux qui me recevait. Le couple allemand l’occupait déjà.

Ma présence a perturbé leur intimité et ma tranquillité aussi. Ils n’arrêtaient pas de parler, assis l’un en face de l’autre. Prenant son portable, la femme articulait des versets du Coran son mari probablement, l’aidait à bien prononcer les mots. Quelques instants après, elle se mettait à coté de lui et commença à faire sa prière de Alfajr dans la position assise. En finissant, elle s’approche trop de lui, des câlins,  des caresses…Je suis sortie faire ma prière en paix dans l’autre compartiment.

De retour, un nouveau passager s’installe et prend son livre à la main. Me réfugiant dans mon portable tantôt à Twitter tantôt à Linkden puis après au Facebook. Les nouvelles sur la COP22 qui se déroule à Marrakech ma destination,  attiraient toutes mon attention. A la gare de Casablanca une jeune fille nous rejoint.

Cependant, notre couple main dans la main, l’épouse ne cessa pas de lui faire la bise sur la joue décida de dormir enfin . Elle dort sur ses genoux, son hijab ne lui a pas empêché de continuer à s’aventurer dans la vie de couple comme s’ils sont chez-eux. Lui, pas un seul cheveu sur la tète et elle lui caresse le crane tendrement et avec l’autre main elle entoure tout son dos.

Filialement, le ronflement du chauve coupe la cadence d’une telle scène et me laissa perplexe à écrire les derniers mots de ce billet avant d’arriver à Marrakech qui nous  inspire encore et encore.

 

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