Le printemps marocain en sécheresse

Si le printemps dernier j’ai parlé du tapis jaune à cause des grandes précipitations qu’a connu la région du Gharb ce qui a favorisé la grande poussée des mauvaises herbes comme l’aneth par conséquent cela a affecté  le rendement  et la qualité de l’ensemble de la récolte soit dans le blé au pois chiche ou encore au tourne au sol .


Ce  printemps  la situation est bien renversée , la gelé du mois de janvier à février à fait perdre des centaines de hectares de  pomme  de terre , la canne à sucre  à proximité de Sidi Allal Tazi jusqu’au Loukousse est devenu jaune on commence déjà à la couper de peur que son  jus de glucose  ne s’évapore .Comme d’habitude , notre agriculteur vit toujours à la merci de la météo ,  il vit sur ses nerfs ;il attend la bénédiction du ciel , ce mois de mars avec le manque de la pluie le stade de l’épiaison commence avant le temps et la plante ne grandira plus .
D’après l’agriculteur Si Lhaje de la région de Souk-El Arbaa à 60 km de la ville de Kénitra ;  il  me donne avec précisions les statistiques :  les dernières  pluies c’était le 8 février , depuis le 16 janvier au 2 février il a  plu entre 9  et 7 mm , il y’a exactement du titre d’aujourd’hui 21 mars il n’a pas plu il y’a   48 jours  presque dans l’ensemble du pays .
A l’accoutume lorsque je venais à la ferme de  Si Lhaje ; les fleurs jonchaient la  terre  me recevant avec ses belles couleurs ; les arbres sentaient le fleur d’oranger , alors qu’aujourd’hui : plus de parfum , plus de fleurs , je marchais et je sentais la sécheresse du sol , ce n’est plus tendre , en dirait que c’est l’été ; je n’osais plus marcher sur le peu de fleurs que je rencontrais  sur mon chemin . Tout à changer même le chant d’oiseaux ; il est intimidé , l’activité de l’abeille est réduite ;elle doit faire plus de déplacement pour trouver le nectar : cet abeille  va nous donner moins de miel ; vous à votre table du petit déjeuner vous  n’oserez  pas le   procurer il sera  cher , maintenant il coûte 150 dh le kilo , vous allez vous contenter de l’huile d’olive dont la récolte hélas a connu un recule si l’an passé le litre ne faisait que 25 dh celui d’aujourd’hui atteint 40 dh .
Le secteur agricole a une relation directe avec la croissance de notre économie ; il peut affecter d’autres domaines aussi .. Lorsque le revenu de l’agriculteur diminue vous en ville vous le vivez : en été il ne fêtera  pas le  mariage de sa fille comme il se doit ; pas d’achats aux magasins , plus de festivités , nombreux sont les métiers qui vont le sentir : nagaffa , coiffeur ; traiteur , menuisier; photographe ,musicien ….
Le médecin aussi sa caisse le sentira ; bien que l’agriculteur tombe malade  il ne pourra pas consulter ni  le généraliste ni  le spécialiste ou même    le  dentiste ou  le radiologue  .Il sentira sa douleur et souffrira en silence .
L’avocat lui aussi est mêlé aux conditions de notre agriculteur , ce dernier s’il se dispute avec son voisin il ne va pas porter sa plainte à son bureau ; pour défendre sa cause il se dira que Dieu prenne revanche (allah yakhode fihe alha9e )
Parler de l ‘agriculture c’est évoquer aussi le problème de l’élevage dont un éleveur m’a fait une confidence : il me dit que d’habitude au printemps le troupeau de mouton ou de vaches  au coucher du soleil ; abdomen plein ,regagne  les écurie  à lents pas ne cherchant que le repos  alors que ces jours ci le troupeau au prairie ne  trouve plus d’herbes ;sentant l’insuffisance il se précipite chez son maître à  l’espoir de  lui donner de l’orge ou du foin mais comment pourra  -t-il  acheter  la balle de foin  à  40 dh  ou l’orge à 300 dh le quinto ?
Déçu par  la nature , alourdi de dettes , l’agriculteur ne viendra  pas en ville pour tourner la roue de l’économie
mais il vendra son bétail et entrera aux alentours de cette ville pour contribuer à la floraison des bidonvilles , à l’augmentation de la pollution , aux malheurs des uns et des autres , à la crise ; aux  vagabondages des  mendiants et de  chamkara .
Finalement , une drôle chose me retient  dans cette ferme ; seul le paon est gai à la venue de ce printemps ; il étale ses belles plumes  avec fierté , il se tourne de tous les cotés pour séduire une  femelle aussi laide que ce printemps qui a perdu ses couleurs et ses joies habituelles dans un grand  regret .

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